Guide du CBD

Qu’est-ce que le CBD ?

Un principe actif du cannabis

Une molécule

Le cannabidiol, abrégé couramment CBD, est une molécule provenant des plantes annuelles de la famille des Cannabaceae, le fameux cannabis. Certaines glandes de ce genre botanique la produisent par biosynthèse, parmi d’autres molécules. Les proportions de cette production diffèrent en fonction des espèces végétales de cannabis, de leurs variétés et de leur environnement.

D’autres composantes du cannabis

Distinction entre CBD et THC
De nombreuses variétés de cannabis produisent en grande quantité du Δ-9-tétrahydrocannabinol, plus communément appelé THC. Il s’agit d’un autre principe actif de la plante. La distinction avec le CBD est importante, étant donné que le THC est reconnu pour ces grands effets psychotropes. Le CBD, lui, n’a pas cette puissance euphorisante. Une différence de taille qui conditionne la légalité, l’étude et l’utilisation de ces deux molécules du cannabis et des plantes qui les sécrètent.

D’autres molécules
De très nombreux constituants naturels du cannabis ont été découverts, que l’on retrouve aussi dans bien d’autres plantes. Parmi les molécules que le cannabis peut contenir, outre le THC et le CBD, on peut citer le cannabigérol (CBG), le cannabivarol (CBV), la tétrahydrocannabivarine (THCV), la cannabidivarine (CBVD) ou encore le cannabichromène (CBC). Parfois évoqués, le cannabinol (CBN) est en fait issu de l’oxydation de THC et le cannabicyclol (CBL) est le résultat de la dégradation du CBC.

Les terpènes
On trouve des terpènes dans la composition chimique des espèces végétales. Ils sont présents en très grand nombre dans le cannabis. Ce sont des hydrocarbures organiques aromatiques synthétisées par les cellules sécrétoires de la plante. Ils constituent la majeure partie des odeurs et des arômes propres à chaque variété botanique.

Les terpènes influencent les effets des molécules du cannabis lorsqu’un être vivant les consomme. Ils peuvent notamment inhiber ou stimuler les effets du CBD.

Le fonctionnement du CBD

En tant que cannabinoïde

Il est exact d’affirmer que le CBD est une molécule cannabinoïde. Mais que désigne vraiment ce mot ? On aurait peut-être tendance à penser qu’un cannabinoïde provient forcément du cannabis, mais cette idée est fausse.

Les cannabinoïdes désignent les substances chimiques qui activent des récepteurs dispersés dans le corps de nombreux êtres vivants. Ces ligands, présents naturellement dans l’organisme des vertébrés et d’autres animaux, forment le système endocannabinoïde aussi appelé système cannabinoïde endogène. Par définition, un cannabinoïde est donc une substance qui agit sur le système endocannabinoïde, que cette substance provienne ou non du cannabis.

La parenté étymologique entre cannabis et cannabinoïde s’explique par une coïncidence. Car le système endocannabinoïde a été découvert grâce à une étude s’intéressant aux effets du THC sur le cerveau.

Lorsqu’un cannabinoïde provient d’une plante, on le nomme phytocannabinoïde. S’il est produit par le corps d’un être humain ou animal, il s’agit d’un endocannabinoïde. Et si ces molécules sont synthétisées en laboratoire, on parle alors de cannabinoïdes de synthèse.

Les récepteurs cannabinoïdes et leur influence

Le système cannabinoïde endogène est composé de différents types de récepteurs. Les deux que l’on connaît pour l’instant sont nommés CB1 et CB2. Mais il se pourrait que d’autres types de récepteurs soient découverts dans les prochaines années.

Les récepteurs cannabinoïdes participent à la régulation de nombreux processus physiologiques et physiopathologiques, c’est-à-dire à l’établissement et la préservation de notre santé. L’objectif final du système endocannabinoïde est l’homéostasie, le maintien d’un environnement interne stable. Il a pour caractéristique de s’adapter de manière ciblée à de nombreuses situations pathologiques. Il peut agir pour compenser un déséquilibre local. L’intérêt de la recherche pour les cannabinoïdes comme le CBD est donc de plus en plus grand, étant donné la multitude des symptômes qu’ils pourraient contribuer à traiter.

Le CBD dans l’Histoire

Du chanvre au CBD

L’exploitation du chanvre et son évolution

Le cannabis est utilisé de multiples façons depuis des millénaires. Si l’on avait recours à cette plante dans diverses contrées du monde pour soigner certains maux, durant longtemps ces propriétés étaient prêtées à l’intégralité de la plante. Sans qu’il ne soit possible de distinguer toujours quel principe actif était réellement sollicité et adéquat lors de son utilisation.

Durant le néolithique, l’émergence de sociétés humaines complexes correspond à la période où le chanvre a dû commencer à être vraiment exploité. Certaines confections étaient apparemment déjà réalisées à cette époque grâce aux fibres solides de la plante. La matière grasse des graines devait être appréciée pour ses vertus nourrissantes. La résine, quant à elle, devait déjà servir à des fins médicinales. Des traces de ses diverses utilisations ont été datées et localisées dans l’Egypte antique vers 3150 avant J.C., en Chine dès 2300 avant J.C. ou encore en Inde dès 900 avant J.C.

Au VIIIe siècle, en plein Moyen-âge, Charlemagne encouragea la culture du chanvre. Il était utilisé pour la réalisation de toiles et des cordages. La plante a aussi était cultivée dans cette perspective au XVIIe et au XVIIIe siècle par les colons espagnols et portugais en Amérique latine.

En 1753, le taxinomiste suédois Carl von Linné donna son nom scientifique à la plante en latin : le Cannabis sativa L. Ce qui signifie « chanvre cultivé selon Linné ». Si le mot français « chanvre » et le mot latin « cannabis » sont théoriquement interchangeables, les usages ont ensuite fait diverger leurs utilisations. Le cannabis évoque souvent les vertus psychotropes de la plante, tandis que le chanvre recouvre des acceptations plus textiles et moins nocives.

Par le biais de ses conquêtes coloniales, l’Occident du XIXe siècle va davantage s’intéresser aux applications récréatives et médicales du cannabis. Puis la révolution industrielle jusqu’au XXe siècle permettra la création de nouvelles fibres synthétiques utilisées au détriment du chanvre.

La possibilité d’isoler du CBD

En 1940, une équipe de chimistes de l’université de l’Illinois menée par Roger Adams a dévoilé qu’elle a réussi à isoler une molécule du cannabis : le cannabidiol. Ces chercheurs n’en décrivent pas pour autant la structure chimique.

Cela, c’est Raphael Mechoulam de l’université hébraïque de Jérusalem qui y parviendra en 1963. Son équipe réussira aussi à isoler et à identifier la structure du THC l’année qui suit. Elle arrivera même à synthétiser les deux molécules.

La découverte du système endocannabinoïde

En 1988, à l’université de Saint Louis, l’équipe d’Allyn Howlett a découvert que le THC peut se lier à un récepteur de la surface des cellules cérébrales. Il est donc prouvé qu’une molécule peut agir sur un système structurel et fonctionnel préexistant dans le corps de certains êtres vivants. Le système endocannabinoïde est ainsi découvert.

William Devane, un chercheur américain qui a fait partie de l’équipe d’Allyn Howlett, a poursuivi les recherches sur le système cannabinoïde endogène dans le laboratoire de Raphaël Mechoulam à Jérusalem. Nouvelle trouvaille, en 1992 il a réussi à isoler et à caractériser un composé chimique cannabinoïde synthétisé par l’organisme lui-même : l’anandamide. En 1995, l’existence d’un deuxième endocannabinoïde, le2-arachidonylglycérol (abrégé 2-AG),est démontré par Takayuki Sugiura de l'université de Teikyo et Raphaël Mechoulam.

Des recherches ont permis, par la suite, de localiser de nombreux récepteurs endocannabinoïdes dans le corps humain. Le potentiel de ce système interne sur des enjeux thérapeutiques via l’action des cannabinoïdesattise désormais l’intérêt des chercheurs. Le CBD suscite particulièrement leur attention par ses propriétés, notamment par le fait qu’il atténue des effets négatifs du THC.

L’effet d’entourage mis en évidence

Dans un article publié en 1998, un groupement de scientifiques démontre l’augmentation de l’activité d’un cannabinoïde grâce à la présence d’autres composantes du cannabis. Il peut s’agir d’autres cannabinoïdes, des terpènes et des flavonoïdes de la plante. Cette interaction, cette synergie et ses implications sont appelées l’effet d’entourage. Cela implique des effets différents et intrinsèques à chaque variété botanique ou assemblage cannabinoïde, indépendamment des effets des molécules extraites et consommées seules.

Les applications thérapeutiques actuelles du CBD

En France

Trois médicaments utilisant des principes actifs du cannabis sont actuellement autorisés en France. Le Sativex comprend à la fois du THC et du CBD. Ce médicament pour les patients atteints de sclérose en plaques n’est pas en vente dans les pharmacies française, faute d’un accord sur le prix de son remboursement. Le Marinol, utilisé pour éviter certains désagréments des chimiothérapies contre le cancer, ne contient que du THC. L’Epidiolex, recommandé en cas d’épilepsie persistante, contient uniquement du CBD. Pour se voir prescrire ces deux derniers médicaments, on doit obtenir une autorisation temporaire d’utilisation par l’ANSM.

A l’étranger

Le cannabis médical est légalisé dans la majorité des pays européens, mais à des degrés variés. La plante comme les médicaments qui utilisent ses composantes sont prescriptibles au Canada, aux Etats-Unis, en Israël ou encore en Australie. Des pays et des Etats se contentent de ne légaliser que le CBD, d’autres ont complètement légalisé le cannabis à usage thérapeutique.

La recherche sur les effets du CBD

Psychotrope ou non ?

Le débat demeure

Le mot « psychotrope » ou « psychoactif » s’entend d’une substance qui agit principalement sur l'état du système nerveux central en y modifiant certains processus biochimiques et physiologiques cérébraux. Cette définition ne préjuge pas de la nocivité d’une substance psychoactive, ni de sa capacité à induire des phénomènes de dépendance.

En estimant que le cannabidiol possède des effets psychoactifs, la commission des stupéfiants et psychotropes de l’Agence nationale de la sécurité du médicament et des produits de santé (ANSM) se distingue de la position adoptée par de très nombreuses publications scientifiques et grand public. Le fait que le CBD diminue probablement l’anxiété, entre autres propriétés supputées à la molécule, argumente pourtant en ce sens. 

Il est courant de voir le CBD désigné comme une molécule « légale car non psychotrope » ou « non psychotrope car non nocive », pour le différencier du THC. Car il est prouvé que le Δ-9-tétrahydrocannabinola des effets dangereux. Ce qui entraîne d’ailleurs son interdiction par la loi contrairement au cannabidiol bien légal. Il s’agirait alors simplement d’une question d’usage pratique plutôt que de véracité scientifique pure. Mais l’usage répandu dans la recherche de l’expression « non psychoactif » en évoquant le CBD reste très troublant. Qui a raison ? Est-ce ou non la dérive d’une vulgarisation des propriétés du CBD pour les différencier davantage de celles du THC ? La question demeure encore aujourd’hui.

Quelques consensus envisageables

Aucune étude ne semble avoir démontré une dépendance au cannabidiol à ce jour. La molécule n’aurait donc aucune incidence addictive. Aucun effet toxique majeur n’a non plus été rattaché au CBD. La propension de cette molécule à occasionner des somnolences chez certaines personnes particulièrement sensibles reste à ce jour le seul effet secondaire admis de façon consensuelle.

Les effets prêtés au CBD par les études

S’il est établi que le système endocannabinoïde participe à l’homéostasie, le CBD peut probablement avoir des effets extrêmement variés et intéressants dans le cadre de divers thérapies. D’autant que ce système s’adapte à la plupart des situations pathologiques de manière ciblée, pour compenser le déséquilibre auquel le corps est confronté de façon locale.

Des recherches ont mis en avant le rôle que le CBD pourrait jouer lors de traitements sur :

  • le développement neural,
  • la plasticité synaptique,
  • la mémoire,
  • le comportement psychomoteur,
  • les troubles psychiatriques,
  • la perception des informations sensorielles,
  • les cycles de veille et de sommeil,
  • la régulation de l’état émotionnel,
  • la fonction cardiovasculaire,
  • l’inflammation,
  • l’immunité,
  • l’appétit,
  • l’énergie du métabolisme,
  • la digestion,
  • le développement et la densité osseuse,
  • la reproduction.

Ces problèmes de santé que le CBD pourrait traiter

A la lumière des découvertes de la recherche, le CBD pourrait être une solution dans de nouveaux traitements contre :

  • la douleur,
  • l’anxiété,
  • la dépression,
  • l’insomnie,
  • la psychose,
  • la maladie d’Alzheimer
  • les AVC
  • l’épilepsie,
  • la maladie de Parkinson
  • l’arthrite,
  • les fractures,
  • la sclérose en plaque,
  • les nausées et vomissements,
  • les problèmes de fertilité,
  • l’acné,
  • le cancer,
  • les problèmes de foie,
  • le diabète,
  • les comportements addictifs.

Les modes de consommation du CBD

Des e-liquides à vapoter

Avec une cigarette électronique, il est possible de vapoter du CBD. Il suffit de choisir un e-liquide qui en contient ainsi que le dosage de CBD. Les fabricants d’e-liquides au CBD font preuve d’une grande créativité et diversifient leurs offres. Ils exploitent à la fois les saveurs végétales inspirées des différentes variétés de chanvre et de leurs terpènes, mais aussi les saveurs plus classiques de tabac, de menthe ou de fruits. Précisons tout de même que les huiles au CBD ne sont pas du tout conçues pour le vapotage, qu’elles sont différentes des e-liquides.

Les dispositions idéales pour vapoter du CBD

On préférera une vape en inhalation indirecte avec les liquides au CBD. De cette façon, la vapeur passe d’abord dans la bouche pour ensuite descendre dans les poumons.

La puissance conseillée pour la consommation d’e-liquides au CBD est inférieure à 30 watts. Car les e-liquides au CBD sont pour la plupart très forts en goût. Mieux vaut une puissance de sortie moins importante pour ne pas s’irriter les voies respiratoires et modérer la concentration en CBD de votre vape.

Il ne faut pas utiliser des résistances trop basses lorsque l’on vapote du CBD. Pour une vape serrée, misez sur une résistance aux alentours de 1 ohm. Pour une vape plus aérienne, optez pour une résistance supérieure à 0,5 ohm.

Mieux vaut préserver le plus possible les liquides au CBD de la lumière. Voilà pourquoi un petit réservoir sera plus indiqué. Si celui-ci est opaque, c’est encore mieux.

La tendance du DIY (do it yourself)

Les « fabrications maison » sont une tendance en vogue dans bien des domaines. La vape n’y échappe pas non plus. Mais il est fortement conseillé d’être un vapoteur confirmé pour s’adonner à cette tâche. Surtout lorsque l’on veut ajouter du CBD. Prenez le temps de connaître tous les produits, de savoir les utiliser et les doser correctement avant de franchir le pas. Pour connaître votre affinité avec la molécule et ses effets, expérimentez le CBD dans des préparations toutes faites avant d’envisager en ajouter plus.

Lisez les recommandations des fabricants pour connaître les dosages conseillés de chaque ingrédient. Pour information, sachez que la nicotine peut limiter voire annuler les effets du CBD. Une période de maturation de plusieurs jours est souvent nécessaire pour obtenir un e-liquide de qualité. Reste à le ranger à l’abri de la lumière, de la chaleur et de l’humidité pour pouvoir le conserver plusieurs mois.

Les bases

Les e-liquides au CBD ont souvent un ratio de propylène glycol (PG) supérieur à 60% et un ratio de glycérine végétale (VG) inférieur à 40%. Le PG retransmet les saveurs, la VG permet la vapeur. Lorsque l’on réalise sa propre préparation, on commence souvent par cette partie. Voir les bases.

Les arômes

Parfois conjugués avec des terpènes pour évoquer le chanvre, parfois seuls, les arômes constituent une grande palette de choix. Une façon de personnaliser votre vape, de la transformer à votre convenance.

Les boosters CBD

Un booster CBD a pour fonction d’augmenter le taux de CBD de votre composition. Il peut avoir un goût neutre ou être associé à des terpènes pour apport plus proche des caractéristiques du chanvre.

Les cristaux de CBD

Les cristaux de CBD sont la forme la plus pure de cannabidiol. Cette pureté justifie leur conditionnement et leur utilisation en de petites quantités. Ils peuvent être mélangés à des recettes, notamment en les diluant dans des corps gras comme du beurre ou de l’huile. Les cristaux peuvent aussi servir de booster CBD à diluer dans vos e-liquides. Plus le taux de PG est important, plus les cristaux se dissoudront facilement.

Une question de posologie

Chaque personne à un dosage idéal qui lui est propre. A dosage identique, les effets seront différents pour tous. Votre masse corporelle, votre âge, votre sexe et votre familiarité avec la molécule peuvent notamment influer sur les effets ressentis. Il est fortement conseillé de débuter par un dosage faible. Il sera toujours temps de l’augmenter progressivement par la suite jusqu’à trouver le dosage idéal. Sachez qu’un dosage idéal peut varier au fil du temps et que le rythme de consommation doit aussi être pris en compte.

Un e-liquide comportant jusqu’à 100 mg de CBD (soit 10mg/ml) est considéré comme ayant un dosage faible. Avec des effets discrets, il conviendra à n’importe quel type de vape.

Le dosage intermédiaire se situe aux alentours des 300 mg de CBD (soit 30mg/ml). Les effets plus présents invitent à un usage plus ponctuel.

Les effets de 500 mg de CBD (soit 50mg/ml) confirment qu’il s’agit d’un dosage élevé. Il faut donc mieux être familier des effets de la molécule et restreindre ces proportions à des séances de vape très occasionnelles. 

Un dosage excédant 600 mg de CBD (soit 60mg/ml) doit être dissout pour être vapoté.

Les multiples applications du CBD

Des huiles et des gélules

Les huiles au CBD sous forme liquide ou en gélule sont des compléments alimentaires. Les huiles peuvent être consommées de différentes façons selon l’effet recherché et la préférence de chacun.

Dans des produits de bien-être

Le cannabidiol est exploité dans différents produits de bien-être. On le retrouve dans des huiles de massage, dans des baumes, dans des suppositoires, dans des crèmes ou encore dans des patchs.

Dans l’alimentation

Le CBD peut se retrouver dans nombre d’aliments. On peut acheter des pâtes, du beurre, de l’huile, des graines, du miel, des gâteaux, du chocolat, des bonbons, des chewing-gums, des infusions, des boissons et des glaces qui en contiennent.

Pour nos animaux de compagnie

Si votre animal de compagnie est pourvu d’un système endocannabinoïde, alors il peut lui aussi bénéficier des effets relaxants du CBD. Des huiles et des pastilles sont conçues spécialement pour eux.

Le chanvre et sa résine

Le CBD est consommable sous forme de résine et d’herbe à fumer. Mais l'utilisation et la commercialisation de fleurs ou feuilles de chanvre, ou de produits obtenus à partir de ces parties de la plante, ne sont pas autorisées en France, quelle que soit la variété et sa teneur en THC.

Les effets du CBD selon le mode d’administration

La manière dont le CBD est consommé influe sur sa biodisponibilité, c’est-à-dire sur l’absorption, la rapidité et l’intensité des effets apaisants de la molécule.

Sous la langue

On peut ingérer directement une huile de CBD ou la placer sous la langue. Le cannabidiol absorbé par la glande sublinguale arrive directement dans le sang et interagit plus vite avec le système endocannabinoïde. Les effets sont plus rapides et plus longs qu’une consommation par voie orale.

Par ingestion

Simplement avalé, le CBD doit parcourir le système digestif et sera légèrement dégradé par les enzymes du foie. Les effets sont alors plus longs à se manifester et un peu moins importants. Il est bon de savoir que l’on peut mettre de l’huile CBD sur des aliments ou dans des boissons, en respectant toujours les doses bien évidemment. Les gélules ont aussi une biodisponibilité plus faible en empruntant la voie digestive. Mais ces dernières sont extrêmement simples à ingérer et la gestion du dosage est plus facile.

Les pastilles et les huiles au CBD pour animaux peuvent être administrées directement par voie orale. Il vaut mieux que l’animal soit calme pour lui mettre le produit dans la bouche. Vous pouvez aussi diluer de l’huile dans son eau, en essayant d’éviter qu’elle soit renversée. La solution la plus simple reste souvent de mélanger le produit à sa pâtée ou de le mettre dans une friandise.

Par inhalation

La biodisponibilité des e-liquides au CBD est très bonne, le CBD vapoté se retrouvant rapidement dans le sang. Un très bon moyen pour expérimenter les effets de la molécule.

Sur la peau

On peut choisir de s’appliquer une crème pour que le CBD qui la compose agisse par voie transdermique. Cette solution n’est pas la plus rapide pour ressentir tout de suite les effets de la molécule, mais elle a le mérite d’être utilisable facilement. Un patch a une plus longue durée d’action.

Par voie anale ou vaginale

Pour ce qui concerne les suppositoires, le produit peut être introduit par voie anale ou vaginale. L’absorption du CBD est efficace de ces deux façons.

L’isolat de CBD et le spectre complet

Les effets du CBD ne seront pas les mêmes si un effet d’entourage s’applique ou non à la molécule et si celle-ci a été bien extraite ou non.

L’extraction du spectre complet (ou « full spectrum ») d’une variété de chanvre comprend toutes les molécules de cette dernière. Le produit contient alors d’autres cannabinoïdes et des terpènes en plus du CBD. L’effet d’entourage implique que certaines des composantes de la plante peuvent faire varier les effets du CBD.

Les cristaux de CBD tirés de l’huile essentielle de chanvre sont transformés en poudre dont la pureté peut être proche de 100%. Sans autre composante de la plante, l’isolat de CBD n’aura pas les mêmes effets qu’un CBD auquel s’applique l’effet d’entourage.

Les recherches tendent à prêter plus d’efficacité au spectre complet plutôt qu’à l’isolat de CBD. Car le CBD à spectre complet prodiguerait ses effets de façon plus continue. Tandis que la courbe d’efficacité de l’isolat de CBD serait « en cloche », avec un pic suivi d’une forte chute. Tout dépend aussi des effets que l’on recherche.

Où acheter du CBD ?

En boutique

Plusieurs types de boutiques vendent du CBD. Vous pourrez en trouver dans des commerces de détail ou dans la grande distribution, même si leur présence reste encore peu significative dans ce type de magasins. Les e-liquides sont les produits au CBD les plus répandus. Ils prennent une place grandissante dans les débits de tabac et dans les boutiques spécialisées.

Sur internet

Internet permet de commander tout type de produits au CBD. Un moyen de trouver des revendeurs mais aussi des grossistes. La solution connectée s’avère extrêmement pratique, grâce à l’offre importante des produits auxquels on peut accéder, à la rapidité des livraisons et à des solutions de plus en plus performantes de service client.

Le CBD et la loi française

Sur la fabrication des produits au CBD

L’utilisation des fleurs et des feuilles de chanvre n’est pas autorisée en France. La loi permet l’utilisation de certaines variétés de la plante à des fins industrielles et commerciales, notamment dans l’industrie textile, automobile, dans les marchés du bâtiment, de la papeterie, de l’oisellerie et de la pêche, des cosmétiques, de l’alimentation humaine ou encore en jardinerie. Ces variétés de chanvre sont réglementées et inscrites dans le Code de la santé publique.

Seules les graines et les fibres de ces plantes à la teneur en THC inférieure à 0,2% peuvent être utilisées. La présence de THC dans les produits finis, quel que soit son taux, est par contre interdite.

Sur la commercialisation du CBD

Si la fabrication de produits finis comprenant du THC n’est pas autorisée, leur commercialisation ne l’est pas non plus. Par ailleurs, la vente et la consommation des produits au CBD sont interdites aux mineurs.

Sur la consommation du CBD

En fonction de l’âge

La loi française autorise seulement les personnes majeures à consommer du CBD. Il appartient à chacun de donner du crédit ou non aux propriétés qui sont prêtées à ce principe actif du chanvre. Le meilleur moyen pour s’en faire une idée reste d’expérimenter le CBD.

En considération du lieu

Il est interdit de vapoter dans les établissements scolaires et destinés à l'accueil, à la formation et à l'hébergement des mineurs. L’interdiction de l’utilisation de la cigarette électronique s’étend aux moyens de transport collectif fermés ainsi qu’aux lieux de travail fermés et couverts à usage collectif.

Dans le cadre sportif

A l’instar de l’Agence mondiale antidopage, le décret n° 2018-1283 du 27 décembre 2018 qui a mis à jour la liste des substances interdites dans le sport en France a exclu le cannabidiol des produits dopants. Les sportifs ne peuvent donc pas être sanctionnés dans notre pays pour avoir consommé du CBD.

Le CBD peut-il remplacer un médicament ?

Le curseur de la légalisation du CBD est très variable selon les pays et les Etats. En France, les seuls produits contenant du THC et du CBD qui peuvent revendiquer des allégations thérapeutiques sont les médicaments autorisés par l’ANSM ou la Commission européenne sur la base d’un dossier évalué selon des critères scientifiques de qualité, de sécurité et d’efficacité. Il est donc interdit aux fabricants et aux vendeurs de produits au CBD de vanter les hypothétiques vertus thérapeutiques de cette molécule. Le non-respect de cette réglementation est passible de sanctions pénales.

L’avenir du CBD

Une offre riche pour satisfaire la demande grandissante

Les fabricants sont de plus en plus nombreux à utiliser le cannabidiol, et ce dans tous les domaines. Les produits d’essence naturelle ont le vent en poupe et leurs propriétés fascinent autant qu’elles sont appréciées. Bien qu’il reste encore à préciser toute l’étendue des caractéristiques du CBD.

En France comme ailleurs, la demande progresse. Cela illustre notamment le fait que l’on s’intéresse au CBD par initiative personnelle pour soulager certains symptômes et que l’on semble lui accorder du crédit par expérience. Reste aux consommateurs à se renseigner, en attendant que la législation française évolue pour permettre une utilisation du CBD tout aussi raisonnée que pertinente et judicieuse.

Dépasser la diabolisation pour exploiter les bienfaits du CBD

De véritables consensus doivent encore émerger des recherches pour exploiter l’entièreté des propriétés du CBD. Le fait que la molécule soit extraite du cannabis explique en partie la lenteur de ce processus. De nombreux médecins craignent qu’admettre les propriétés thérapeutiques du cannabidiol conduise à la légalisation du cannabis. Or le THC est une chose et le CBD en est une autre. Puis ces mêmes médecins n’ont souvent aucun scrupule à prescrire de la morphine qui est pourtant un dérivé de l’opium. Un « deux poids, deux mesures » naît de la diabolisation du chanvre qu’il faudrait dépasser pour pouvoir affirmer et exploiter enfin l’entièreté du potentiel du CBD.

De nombreux tests sur le CBD sont encore réalisés sur des cobayes en laboratoire. Donc certes, la prudence est de mise pour affirmer que les effets observés peuvent être les mêmes sur l’homme. Mais les études existantes semblent déjà indiquer fortement certaines efficacités et surtout l’absence de danger à utiliser du CBD dans des traitements. Certaines précautions apparaissent de plus en plus comme des alibis étant donné que la molécule est déjà autorisée et largement exploitée dans des produits de consommation courante.

On doit désormais formuler une évidence qu’il faut pourtant répéter encore et encore afin qu’elle puisse enfin être suivie d’effets : non, le CBD n’est pas le THC. Après sa révélation et son explication, le cannabidiol attend encore sa confirmation et l’exploitation de toutes ses applications possibles.

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